Les imaginales 2015

Comme chaque année, le festival des Imaginales s’est déroulé à Epinal du 28 au 31 mai 2015.

Voici le compte rendu/résumé du 29 et du 30 mai :

Jour 1 : vendredi 29 mai 2015

Conférence 1 : Vampires d’hier… et d’aujourd’hui !

Avec Nadia Coste (NC), Jeanne Favre d’Arcier(JFA) , Kim Newman (KN), Cassandra O’Donnell (COD), Alice Scarling (AS)

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Pour JFA, le terme de vampires est très polysémique et ancien. Le mythe du vampire est multiculturel. Les humains rêvent tous d’être immortels c’est pour ça que l’immortel fascine.

Pour NC , il y a aussi le côté  pervers / narcissique comme dans le quotidien.

COD précise que Rebecca ne tue pas que des vampires, elle tue aussi des monstres, tous ce qu’elle juge ennemi même aussi les gentils car elle ne fait pas de distinction entre le bien et le mal. l’auteure souhaitait avant tout rendre hommage en gardant les caractéristiques classiques du vampire. Par ailleurs, le vampire l’a toujours intéressé, il y a aussi un côté sexuel.

De même, AS explique que si son héroïne Sascha n’avait pas sa capacité de possession elle n’aurait pas la capacité de tuer les vampires. AS a lu Anne Rice à 10 ans et a grandi avec la série TV Buffy.

KN pense que toute génération a sa figure du vampire qui lui est propre. On dit que les vampires de aujourd’hui ont beaucoup changé et qu’ils sont moins méchants. Là encore c’est une question de génération.

JFA se situe dans un courant un peu différent. Elle est  plus proche d’un mélange entre Bram Stocker et Anne Rice. Elle ne se retrouve pas dans ces vampires qui deviennent innocents.

COD la littérature s’adresse à une génération précise.

NC s’est posée la question de l’évolution, de comment on perd l’humanité.

AC explique que les vampires qu’on voit dans sa série ne sont pas très nombreux et on ne les voit pas suffisamment longtemps pour savoir comment ils fonctionnent. Le seul qu’on voit vraiment à une certaine dualité entre dormir dans un cercueil et avoir une appli iphone qui le prévient du lever du soleil. Bien que traditionnel, il a besoin de vivre avec son temps.

JFD le vampire évolue très vite et e mythe traverse les époques. On put jouer avec lui. A chaque qu’il traverse une époque il apprend. Il évolue avec son époque.

NC le mien, traverse une période plus courte. Pendant deux ans il regrette l’ancien temps puis après il commence à s’interroger : est-ce que je dois m’adapter à la modernité. Il se sent à la fois effrayé et fasciner.

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KN déclare que pour les vampires au départ il n’avait pas l’idée de vampires au pouvoir. Il a beaucoup été influencé par Je suis un légende de Graham Materson. Quand on a décidé d’écrire un roman sur les vampires on s’interroge sur les qualités qu’auront ses propres vampires et celles des vampires classiques. Dans son livre il s’est beaucoup basé sur Dracula de Bram Stocker. Avant Nosferatu les vampires pouvaient sortir le jour. Il existe tout type de vampires et ils ne s’entent pas forcément tous très bien. Ainsi, l’auteur a voulu montrer des vampires qui font peur à tout le monde. Dans son deuxième livre de Dracula pendant la guerre, on a toute la gamme des vampires : proche comme très éloigné des humains.

JFA, quant à elle aime bien créer des conflits parmi les vampires entre les vieux vampires et les vampires modernes.

COD précise que dans tous ce qu’on appelle l’urban fantasy,  le sang et le sexe s’ont inhérent au mythe du vampire alors qu’avant s’était caché.

DC a pris le contre-pied inverse. Son vampire à elle est impuissant. Le sang et le sexe vont être lié autrement. elle est super fan de buffy donc la plupart de ses codes sont les mêmes que ceux de la série.

AS estime que le sang et le sexe sont au moins liés depuis Anne Rice. Ce qu’elle apprécie avec l’urban c’est il n’y avait même plus de sous-entendu, il y a une ré-humanisation avec un aspect ouvertement sexuel.

KN toute la gamme étant présente dans ses livres, ils ne sont pas tous immortels. C’est comme chez les êtres humains, on n’a pas tous la même espérance de vie.

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JFA trouve que le vampire est une figure de la marginalité. Le sang est un mythe pour les humains depuis toujours. Son vampire essaye petit à petit de rentrer dans le monde humain.

Pour AS, c’est un représentant de la marginalité : il est détaché de l’époque dans laquelle il vit. C’est un observateur.

Pour ND, il représente une part très noire de notre personnalité.

COD explique que les vampires dont elle traite vivent en marge de la l’humanité par la force des choses parce que l’avancé de la technologie est telle qu’ils ont tout intérêt à raser les murs.

KN précise que ces vampires ne ressemblent pas aux nouveaux qui sont plus tournée vers la lumière. Il existe des vampires encore plus gentils que ceux de twilight comme dans monsters dont le grand père est sans dents. il n’y a rien de nouveau dans twilight.

NC ajoute qu’il y a aussi le côté du vampire séduisant pour attirer les filles. Plus on évolue plus on a le côté gentil du vampire qui cherche sa rédemption donc qui est plus acceptable en tant que petit ami et donc fait rêver les filles.

COD précise qu’à l’époque le physique était une des armes de la panoplie du vampire alors que maintenant c’est un fantasme qui marche.

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AS espère que les vampires vont perdurer dans la littérature car elle ne s’en est pas lassé ; il n’y a pas besoin de réinventé la roue quand c’est un mythe aussi ancien.

Pour COD, il s’agit  d’un effet de mode qui est un éternel recommencement ; ça ne s’arrêtera jamais car c’est un personnage fascinant.

JFA ajoute que c’est un personnage générationnel.

Pour NC, le vampire est né du fait qu’il existe des pervers narcissiques dans le quotidien donc tant qu’il y aura ce genre de personne on aura des vampires.

KN conclu que tout comme chaque génération a connu son hamlet, chaque génération a son vampire. Il est inscrit dans la culture populaire donc il les voit mal disparaître complètement.

 

Conférence : pratiquer la magie… et en payer le prix ?

Avec Robin Hobb (RH), Lise Sven (LS), Manon Fargetton(MF), Stephane Platteau(SP)

Robin Hobb est présente pour la 5ème fois aux imaginales.

Est-ce qu’on peut écrire un bon univers de fantasy sans magie ?

Pour RH, la fantasy constitue un parapluie vaste pour regrouper différents genres. Le seul élément pour faire de la fantasy c’est de faire un univers qui sorte de notre quotidien. La magie peut être présente de manière très subtile et rester de la fantasy.

Pour LS, la magie tient une place très importante dans ses romans car elle offre beaucoup de possibilité. Il est très facile de se méprendre et de laisser son regard autour de soi et de transformer ce qu’on voit en autre chose.

Quant à MF, Enora, un des deux personnages principaux, a le pouvoir de traverser entre le monde à notre époque et un autre monde de style plus médiévale, le pays de l’ombre. Mais ce n’est pas la principale magie développer dans le roman mais plutôt celle de l’ombre.

La magie dans l’univers de SP fonctionne essentiellement par l’esprit, c’est une sorte de chamanisme très structuré. Cela repose sur la maîtrise de différents types d’esprits appelés les éphémères. Il aime que la magie soit quelque chose de très sensuel, de sensoriel.

RH précise que les petits extraits qu’on trouve au début des chapitres dans les 6 duchés servent à montrer les différents points de vue autres que celui du narrateur.

SP ajoute que la magie est aussi essentiellement un dialogue avec le monde de l’invisible, comme la recherche de signes concernant le futur pour savoir si on est sur la bonne voie. Dans toutes les civilisations pré-modernes,  on a  un monde profondément magique car on n’a pas la science pour expliquer les choses. Tout le monde  a une façon de penser qui inclut la magie. Beaucoup de choses naturelles sont interprétées comme étant surnaturelles.

Dans son roman, MF considère que la magie peut devenir une arme. Dans le monde de l’ombre on est du côté académique de la magie avec des structures dont les femmes sont exclues, elles doivent fuir pour faire de la magie.

Ce qui l’amuse est de décaler les codes classiques de la fantasy. Ainsi, dans ce roman, la Magie n’existe pas, en revanche il existe des magies.

Dans le roman de LS, les héroïnes sont deux magiciennes mais d’un genre différent avec chacune un pouvoir distinct ce qui va les lier et bouleverser leur destin. Plus elles mettent d’elles-même dans le sortilège et plus ce dernier est puissant.

Dans le dernier roman de RH, la magie, à l’instar d’une drogue, est définitivement addictive. Fitz n’est pas le premier à se servir d‘excuses convenues pour se servir de l’art. Ce qui crée une telle accoutumance c’est l’adrénaline de se lier à l’inconnu. Fitz se fait des illusions. Il est à la frontière entre ce qui est et ce n’est pas résonné,  c’est le prix à payer pour l’utilisation de la magie. Elle ne travaille pas délibérément avec des métaphores mais celles-ci sont forcées d’émerge ; cette magie donne du pouvoir que les autres n’ont pas mais c’est surtout ce sentiment d’abandon qui suscite son utilisation.

En revanche, dans le roman de SP, on est dans une civilisation de l’écriture qui a développé une philosophie  de l’animisme. Manech a en lui une force énorme mais son corps ne peut la contenir. Il faut qu’il s’en libère. Il essaie d’écrire quelque chose qui reste assez réaliste.

Stéphanie Nicot a conclu l’entretien, par cette question collégiale :

Est-ce que la magie que vous avez dans vos romans n’est pas la magie de la littérature et plus particulièrement de la fantasy ?

Dans chacun de  romans de MF dans lesquels il y a de la magie, celle-ci fait écho au monde (du roman) auquel elle appartient.

Pour SP il y a une licence poétique dans la langue qui véhicule déjà une magie. Dans la fantasy la magie a un grand pouvoir, celle de nous transporter dans un autre monde.

RH conclut en précisant que la magie se situe également dans le partage avec le lectorat. La technologie d’aujourd’hui fonctionne un peu comme de la magie, comme le dit Arthur C Clarck.  Aujourd’hui cet échange avec les lecteurs relève de la magie et parfois même cet échange peut influencer la suite d’une série de roman. Pour la distinguer de la science, elle prend bien soin dans ses romans de faire en sorte que la magie ne soit pas trop fiable.

Jour 2 : Samedi 30 mai

Conférence  : Mercenaires et tueurs professionnels : les mauvais mecs de la fantasy…

Avec Paul Beorn, Fabien Cerutti, Jean-Philippe Jaworski, Brent Weeks.

JPJ explique que Benvenuto est officiellement le couteau de la république. Il peut avoir des états d’âme mais  essentiellement quand sa vie est concernée.

BW précise que les pisse culottes sont des assassins qui se servent de la magie et appartiennent à une caste très contrôlée. La question qu’il voulait mettre au centre de la trilogie : est-ce qu’un assassin peut avoir un sens moral ?

FC déclare que son batard de Kosigan est un mercenaire qui dirige sa compagnie, il prépare les plans, donne les ordres… C’est un type plutôt bon à la base, mais ce sont les circonstances qui l’ont amenée là. Le livre est écrit à la première personne, ce qui permet de voir les doutes du héros. Mais seulement ses doutes car il n’a jamais d’hésitation. Il a des états d’âme pour ses hommes qui comptent énormément pour lui. Il a une responsabilité qui parfois l’amène à faire des choses.

PB explique que son personnage est contraint par les circonstances de tuer puisqu’il est enrôlé de force. Lui tout ce qu’il demande c’est de vivre une vie tranquille, malheureusement Il vit dans un monde où la liberté s’acquiert par les armes.

JPJ ajoute que Benvenuto est un très sale type. Il voulait un vrai criminel qui n’avait pas de circonstances atténuantes. Son plaisir c’est de bien faire un contrat, de monter la hiérarchie de sa société secrète. C’est quelqu’un de très intelligent.

BW précise qu’au fur et à mesure de la trilogie on apprend comment Durzo en est venu là. C’est quelqu’un de très sombre mais on entrevoit des lueurs d’espoir par moment. Durzo essaie vraiment de nier des traits de sa personnalité et il en souffre. A travers Kylar et des sacrifices qu’il va devoir faire, il se rend compte qu’il a peut-être tort.

Pour FC son héros est vraiment un élément clé des jeux politiques de cette Europe médiévale avec encore quelques elfes en Champagne et dragons dans les monts d’Auvergne ; il va être plus manipulateur qu’assassin. Toutefois, il ne l’est qu’en dernier recourt ; tuer c’est dangereux car le meurtre amène la vengeance. Or plus il minimise les risques plus il a de chance de réussite. A un moment,  jouer sur tous les tableaux peut devenir dangereux.

Pour PB, le métier de tueur n’est pas bon pour la santé mentale. Ces personnages ne sont généralement pas heureux dans leur vie. Son héros est constamment à chercher sa voie et donc à lutter contre son destin de tueur.

Concernant la question de l’éthique de ces assassins, JPJ précise que le tueur a des principes qui peuvent varier en fonction de l’entreprise criminelle. Le but d’un assassin, quand il n’est pas un psychopathe, c’est de prospérer. Benvenuto éprouve une très grande fascination pour son patron ce qui le fait sortir des clous. C’est un personnage borderline. Il peut être trompé en surestimant son patron.

BW explique que Blint a plusieurs sortes d’éthiques ; ce qui intéresse BW était d’étudier ces assassins mais ils ne s’en sortent pas indemne. Dans le tome 1 Blint est à la limite du trouble obsessionnel. Je voulais montrer l’aspect séduisant du tueur qui s’en sort. Durzo et ??? s’opposent : l’un qu’on apprécie, l’autre non. Mais Durzo reste quand même un assassin donc on devrait être mal à l’aise de l’apprécier.

Pour FC, le but est de connaitre l’éthique et les règles des autres pour pouvoir les détourner, s’opposer à eux. A un moment, il doit faire un choix et en fait un autre parce qu’il en connait les règles. FC pense que les auteurs mettent une part d’eux dans leur personnage. D’autre part leur héros aujourd’hui sont le reflet de notre société plus axée sur la liberté, l’individualisme… c’est le principe de se comprendre soi-même.

PB explique que Jal est un personnage fondamentalement individualiste et qu’il le prône, donc il n’a pas vraiment d’éthique. Il se retrouve à défendre un village qu’il déteste et qui le déteste. Si on ne veut pas devenir fou il faut se raccrocher à quelque chose, en l’occurrence à quelqu’un : une petite fille qu’il sauve en la cachant. On sent ainsi qu’il y a encore de l’espoir pour ce personnage même si on n’est pas sûr qu’il se concrétise.

JPJ précise qu’il s’est inspiré d’une époque historique abominable qu’est une guerre civile à Florence. Benvenuto est complètement pris dans les complots. La fascination qu’il éprouve pour son patron est celle du pouvoir. Il vend son âme pour cela car pour lui c’est le pouvoir. La politique a besoin de ce genre de personnage. Gagner la guerre s’inspire du prince de Machiavel.  Benvenuto est le bras armé de la raison d’état.

BW ajoute que la scène de la première mission de Kylar a été une scène très difficile à écrire. C’est une scène clé dans l’apprentissage de Kylar. L’auteur voulait parler des mauvaises décisions que prennent les personnes. Il voulait rendre la violence plus réelle, il voulait montrer Kylar qui est un adolescent et en apprentissage donc il fait des erreurs.

FC explique que dans le tome 2, en fonction des circonstances et des personnes il peut arriver au batard de déléguer. C’est selon les besoins. Il garde le contrôle en essayant de comprendre ce qui motive ses hommes et en leur en donnant un peu plus. L’idée d’un solitaire qui contrôle tout est difficile à concevoir dans la vraie vie.

PB conclut en précisant que dans le roman tout part d’une femme qui est bien plus froide que Jal qui est un personnage jeune et impétueux donc un peu instable ; c’est un électron libre.

 

 

 

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